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GRANDIR

2023-2024

« Grandir » fait partie de la vie de chaque être, humain et non humain dans toutes les sociétés, cultures, civilisations. Grandir est une étape qui se traduit par diverses périodes et processus, biologiques et psychologiques par lequel, chez les humains, l’enfant, fille comme garçon, puis l’adolescent·e, puis le et la jeune adulte, va tisser de nouveaux liens et se découvrir soi-même. Pour introduire cette dernière édition des résultats du cours Nommer les êtres, nommer les lieux, nous avons travaillé et réfléchi sur « la place des enfants et des adolescent·e·s dans nos milieux toujours plus urbains ». Nous nous sommes intéressés à la transformation des comportements de l’enfance à l’adolescence.

Pour présenter les 13 mots que nous avons choisi de traiter, nous avons créé un récit collectif, plusieurs voix mais rédigé à la première personne, comme s’il s’agissait d’un être humain qui grandit. Ainsi nous avons classés les termes traités non pas par ordre alphabétique mais dans un récit qui tente de relater la croissance d’un·e enfant, bien conscient·e·s néanmoins que tous ces mots ne se rattachent pas à une seule période de notre vie.

Je me souviens d’un sentiment profond d’abandon quand j’ai perdu dans ma petite enfance un ourson brun que l’on m'a pris. C’était un doudou transitionnel de grande importance pour moi.

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Toute petite, je ne me souciais de presque rien. Pour mes camarades et moi, tout était propension à l’amusement et à la légèreté, c’était facile. J’avais une certaine innocence, où le danger était synonyme de « bêtises », où l’apprentissage passait essentiellement par le « jeu » et où le mot « responsabilités » était avant tout, un mot de « grande personne ». Grandir dans l’insouciance (en tant qu’enfant insouciant), c’était un peu l’aventure tous les jours ! Aujourd’hui je ne sais pas si vous les jeunes, vous possédez encore cette même liberté.

 

Ainsi, être enfant signifie pour la plupart des gens se laisser porter, ne pas être au courant de tout, se tromper et découvrir. L’enchantement serait ce sentiment que je ressentais lorsque j’étais enfant et que j’allais chercher ailleurs. Quand mon imagination me poussait à l’exploration, une joie intense m’envahissait, je devenais comme exploratrice de mon environnement.

 

À un certain moment, mes jouets ont cessé d'attirer mon attention : je pouvais sortir pour jouer dehors, courir, aller sur la balançoire, entrer dans de grands tuyaux en plastique ou jouer dans le sable. J'ai alors découvert l'endroit de l'aire de jeux que je fréquentais avec mes grands-parents, mes parents, mes amis et parfois seul... Le terrain de jeux est devenu mon endroit préféré pour socialiser, mais aussi pour bouger librement, en me laissant emporter par les formes et les figures qui se présentaient à moi.

 

Jouer dehors c’est aussi se risquer entre les branches d’un arbre. L’arbre invite à la curiosité des enfants à travers ses saisons. Les accueillir comme un peuple vivant permet de réinstaurer les leçons qu’ils apportent aux enfants. Sa place est dans l’apprentissage des enfants.

 

Tomber, chuter, ça m’arrive souvent ! Depuis tout petit d’ailleurs, je ne comprends pas mes parents qui ont plus peur que moi et qui ne me laissaient jamais tout seul pour jouer ou aller dehors. J’ai hâte de grandir pour pouvoir aller jouer dehors tout seul avec les copains et les copines.

 

C’est pourquoi j’adore aller à l’école car les moments de récréation sont mes préférés. Je joue avec mes amis sans que mes parents soient derrière moi. Ces pauses permettent aussi de créer du lien avec mes camarades, de gagner en autonomie et au fil du temps je deviens de plus en plus responsable.

 

Je me demande à quoi ressemblerait ma ville si je pouvais exprimer mes opinions. Si j'avais l'opportunité de dire ce que j'aime et ce qui me dérange. Mes parents ne me permettent pas de sortir seul·e. À l'école, on nous dit que la ville est conçue pour nous, mais personne ne prend le temps de nous écouter ou de considérer sérieusement nos propos. Les adultes semblent accepter cette ville sans espaces de jeu ni zones piétonnes, mais pour nous, ce n'est pas suffisant. Nous souhaitons plus de sécurité et de liberté. Depuis la Convention des Droits de l’Enfant de 1989, on nous dit que nous, les enfants nous somme des citoyens à part entière mais on ne nous écoute pas beaucoup !

 

M'émerveiller, c’est découvrir quelque chose de nouveau qui m’envahit de bonheur par sa beauté. Enfant, je m’émerveillais au quotidien par tout ce qui m’entourait, mais arrivé à l’âge adulte le quotidien est devenu parfois une routine, et avoir un regard neuf sur l’espace environnant, ce n’est pas toujours facile. Pourtant cet émerveillement me rend heureux et curieux d’apprendre encore et encore, alors aménageons la ville avec nos yeux d’enfant, et ré-émerveillons nous !

 

Lorsque mes parents m’ont offert ma première tablette tactile à l’âge de 11 ans, j’étais comme sur un nuage. Un potentiel infini de divertissement s’offrait à moi, terrain de jeu sans limite et inédit pour un collégien qui n’avait alors jamais expérimenté les joies du numérique. J’ai rapidement délaissé mes legos pour me divertir sur mon téléphone et ma tablette, ignorant que ces écrans noirs numériques seraient ma porte de sortie de l’enfance.

 

La progression des réseaux sociaux et des influenceurs qui en résultent nous exposent en permanence à des images idéalisées, parfois faussées, et servent comme bases pour que les jeunes puissent comparer et évaluer leur corps. Le maquillage est un univers qui s’ouvrent de plus en plus vers un public plus large et constitue un outil pour s’exprimer.

 

Je ne me souviens pas exactement quand, peut être quand j’ai commencé à voir les gens de mon âge se maquiller, ou encore quand j’ai arrêté de courir à la pause récré. Ce moment où j’ai réalisé que le regard des autres était important à mes yeux, que mes interactions avec le monde devaient respecter certaines normes. Des normes qui me suivent dans mes interactions sociales, dans ma manière de me construire. Ce conditionnement, c’est probablement dans les espaces publics que je le ressens le plus fortement.

 

Au fur et à mesure de sa croissance, l’enfant adopte un langage qui lui est propre. Inculqué par ses parents au départ, celui-ci en grandissant rencontrera des variations que l'on appelle le « parler des jeunes ». Ce dernier sera pour l’enfant-adolescent une marque de son identité et une forme de liberté, conditionné par son âge au départ, puis par ses conditions sociales, multiethniques et multilingues.

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DE 4 - Soutenabilité et Hospitalité - Bien Vivre

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